Action du 18.12. 2017 lors de la réunion du Conseil communal et du Conseil de l’action sociale de Liège

Je voudrais dédier cette action spécialement à Danièle, 19 ans, mère d’un enfant de 9 mois. Le CPAS lui a refusé le RIS, à deux reprises, parce qu’il estimait qu’elle devait retourner chez sa mère. Or, la mère dispose d’un logement d’une seule chambre et a déclaré d’emblée ne pas pouvoir ni vouloir la reprendre chez elle avec son bébé. A la 3ème demande introduite, et parce qu’elle a été accompagnée dans les démarches, le RIS lui a enfin été accordé et elle a perçu un mois en aide urgente.

En ce moment-même, elle est chez son avocate pour préparer le recours au Tribunal du Travail contre les deux premières décisions de refus. Elle est surendettée, menacée de saisie par plusieurs huissiers et va devoir quitter son logement parce qu’elle n’a pas pu payer le loyer.

Raymonde, mise à la porte par ses parents après avoir annoncé son homosexualité. Elle a été obligée de se confronter à ses parents devant le service Famille Jeunes. Elle a préféré renoncer à ses droits.

Roland, atteint d’un cancer, n’était pas encore aidé deux mois après l’introduction de sa demande. Un nombre incroyable de documents et de preuves de toutes sortes étaient exigées de lui.

Eric, rentrant complètement démuni d’un séjour à l’étranger avec sa petite fille âgée de 2 ans, a eu un rendez-vous 6 semaines après l’introduction de la demande. Avant même le rendez-vous, il a trouvé un logement grâce à une connaissance. Il lui fallut deux mois avant d’obtenir une aide urgente, autant de temps avant d’obtenir un mois de garantie locative. Il a dû quitter le logement et a perdu la confiance et l’amitié de ceux qui lui avaient mis un logement à disposition.

Ces situations ne sont pas une généralité, heureusement. Mais elles sont loin d’être une exception.

Elles mettent en évidence
– les retards énormes dans le traitement des dossiers,
– le fait que l’examen d’une demande est un véritable parcours du combattant
– l’extrême difficulté pour les jeunes de pouvoir disposer d’un revenu et de vivre de manière autonome.
Elles mettent aussi en évidence la grande difficulté à se loger correctement, entre autres parce que le CPAS n’accorde qu’un seul mois de garantie bancaire alors que les propriétaires en exigent deux, et parce que le CPAS paie cette garantie avec beaucoup de retard. D’autres gros problèmes se posent encore aux bénéficiaires.

Le recours systématique aux débiteurs alimentaires.

Le CPAS de Liège applique la loi avec une grande sévérité. Il impose le recours aux débiteurs alimentaires même dans les cas où la loi ne l’impose pas. Il ne respecte par les procédures légales.

Conséquences :
– de nombreuses personnes renoncent à l’aide
– de nombreux liens familiaux sont, sinon détruits, fortement détériorés.

Le recours aux DA fait peser le poids de la pauvreté grandissante sur les travailleurs, les pensionnés, la classe moyenne inférieure.

L’obligation de signer une reconnaissance de dettes sans notification et sans calcul transparent de la dette.

Une pratique constante au CPAS de Liège. La signature est la condition pour l’octroi ou le maintien du RIS. Or, il y a très souvent des erreurs.

La prise en compte systématique des revenus des parents et/ou enfants cohabitants. Le CPAS de Liège en tient compte systématiquement, alors que c’est facultatif. Il s’agit d’une des principales raisons pour lesquelles les chômeurs sanctionnés ou exclus sont sans aucun revenu propre.

La faute à quoi ?

A un manque de personnel, certainement.

Le CPAS envisage d’engager 20 nouveaux travailleurs payés par le subside fédéral PIIS (loi Borsus imposant de faire signer un PIIS contrat dit d’intégration sociale à tous les nouveaux bénéficiaires) dont ou plus 9 éducateurs pour s’occuper de l’activation sociale des jeunes. Ça ne changera rien puisque ces engagements compenseront à peine le surcroît de travail occasionné par les PIIS et ne compenseront pas les nombreuses absences dues au burn out.

Le manque de personnel n’est pas une fatalité. Même sous plan d’assainissement, il est parfaitement possible de dégager les moyens financiers nécessaires pour engager du personnel en suffisance. C’est une question de choix politique.

Plus généralement, à une « mentalité anti pauvres ».
A un climat de suspicion généralisée, qui oblige les demandeurs, considérés comme des fraudeurs en puissance, à fournir quantité de preuves et à se soumettre à des contrôles tatillons, tels l’obligation de fournir tous les extraits de compte ou à subir des visites à domicile à l’improviste et intrusives.

A une volonté de conditionner toujours plus l’accès aux droits, une pratique d’activation qui rend les pauvres responsables de leur situation.

Les actions

Le Memorandum a été envoyé à tous les conseillers du CPAS, à tous les conseillers communaux, à la presse.

Il est signé à ce jour par: L’aDAS, Vie Féminine, Le Monde des possibles, Compagnie Art & tça, Maison de la laïcité Liège, Mouvement «Demain», Gauche anticapitaliste Liège, PSL, Riposte-Cte, PTB, Ecolo, AciDE, Maison médicale Le Cadran, Equipes populaires, ASBL F, Alternative citoyenne, IGL Intergroupe liégeois Fédération de médicales.

Aujourd’hui, nous allons assister à la réunion Ville CPAS Mais il n’y aura pas de débat, même pas de réponse aux questions posées ou aux interpellations. Un simulacre de débat démocratique !

Que faire après cette action ?
rester en contact entre les signataires, chercher d’autres signataires
envisager d’autres actions pour faire aboutir les revendications, celles du Mémorandum et d’autres
solliciter un rendez-vous avec le CPAS sur ces revendications
renforcer les liens entre les travailleurs et les associations de défense des usagers entre autre via leur délégation syndicale
la question des droits des usagers des CPAS doit devenir une question politique importante au niveau local
cette question doit faire l’objet de débats démocratiques et publics et ne pas rester confinée dans l’enceinte très secrète du CPAS
l’année à venir devrait en être l’occasion, puisqu’elle sera l’année des élections communales, et donc du renouvellement de tous les Conseils de l’action sociale

Nous voulons un CPAS bienveillant, pas contrôlant

Le revenu d’intégration et l’aide sociale, c’est un droit, pas une aumône à mériter, ni à mendier

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